Cette discussion ouverte et conviviale permet d’interroger et de témoigner des bienfaits de l’Art sous ses différentes formes et sur nos Vies.
“L’Art-thérapie” se révèle être un véritable soin, un outil, à l’heure où la santé mentale, enjeu sociétal de tout temps, est aujourd’hui définie en France comme Grande Cause nationale 2025.
Ce temps de partage précède l’ouverture de l’exposition “La danse ne connaît pas la zone arrière” par Bernard Rigaud visible à l’issue de la discussion et présente du 6 au 15 août dans la petite salle Ar Presbital.
Mardi 5 août à 18H, dans la salle Ar Presbital de Locquirec, nichée dans son jardin clos, Bernard Rigaud animera cette discussion ouverte avec l’aimable participation de :
- Françoise Livinec, galeriste et éditrice d’art, fondatrice de l’école des filles à Huelgoat.
- Françoise Terret-Daniel, conservateur en chef du patrimoine, successivement directrice du musée de Morlaix, de l’école supérieure d’art de Quimper et du musée des Beaux-Arts de Brest et du centre d’art contemporain Passerelle à Brest.
- Lysanne Breed, Art-thérapeute à Lannion.
« Art & existence … Art-Thérapie«
Par Bernard Rigaud
Aborder le thème de l’art-thérapie renvoie à deux phénomènes incompréhensibles : l’art et la folie, que seule la philosophie, avec une obstinée rigueur, s’évertue à penser. La science proprement dite, restant, à cet égard, fort dépourvue.
L’expression « art-thérapie » a fait l’objet de nombreux débats depuis la première fois où les mots ont été formulés en 1945 par un artiste britannique, Adrian Hill, touché par la tuberculose. Il avait proposé au sanatorium des ateliers de peinture aux malades pour combattre l’ennui et la dépression.
Depuis, la conceptualisation s’est élaborée et la professionnalisation s’est concrétisée. Toute production en séance est métaphore. L’acte de symbolisation est ce qui compte et non son décryptage. L’action consiste avant tout, grâce au cadre proposé, à favoriser cette symbolisation.
S’il est vrai que certains artistes ont du mal à concevoir un lien entre leur pratique et une éventuelle thérapie, il n’en demeure pas moins que la recherche clinique a pu démontrer les bienfaits d’un accompagnement de personnes en difficulté (psychologique, physique, sociale ou existentielle) à travers une production artistique.
C’est ainsi que nous sommes invités à penser l’art et la thérapie. Vaste et ambitieux programme ! Le tout sur fond de « l’existence humaine » qui reste elle aussi à penser et repenser.
On s’aperçoit que l’art possède l’évidence d’exister, c’est-à-dire « être à l’avant de soi dans l’accueil de l’inanticipable qui nous transforme ». C’est ainsi que mettre des personnes en situation de « faire œuvre » les met tout simplement en situation « d’exister » (qui est en échec dans la pathologie) et la définition de la thérapie devient plus claire : « libérer en quelqu’un sa capacité d’exister ».
L’art-thérapie est un détour pour s’approcher de soi. L’art-thérapie est une symbolisation accompagnée. C’est un accompagnement thérapeutique de personnes mises en position de création de sorte que leur parcours d’œuvre en œuvre fasse processus de transformation d’elles-mêmes. Le fait de passer par la fiction, par l’expression artistique, permet de rendre la brutalité du réel moins abrupte.
Les différentes modalités de pratique ont permis, outre l’apaisement des tourments, de repenser les rapports entre médecin et malade et de concevoir de nouvelles voies d’accompagnement en psychiatrie.
Les bienfaits de l’art sur le plan psychique, qu’il s’agisse de créer ou de contempler, sont maintenant largement constatés et les musées s’engagent sur la voie de ce qui est convenue d’appeler la « muséo-thérapie ».
Quelques liens pour aller plus loin :
Entreprendre pour Aider www. entreprendrepouraider.org
Sante mentale France (Bretagne) www.santementalefrance.fr
SFPEAT (Société Française de psychopathologie de l’expression et d’art-thérapie) www.sfpeat.com
Le MAT (mouvement des arts thérapeutes – Ecole d’art thérapie) www.le-mat.net
INECAT (Ecole d’art thérapie) www.inecat.org






